Un rayon de lumière quittant la surface du Soleil atteint la Terre en environ huit minutes et vingt secondes. Pourtant, l’énergie dont il est issu a pu passer des milliers, voire des dizaines de milliers d’années à l’intérieur de l’étoile avant de réussir à s’en échapper.
Après sa production dans le noyau, l’énergie traverse d’abord la zone radiative. Dans cette immense région, elle est absorbée puis réémise d’innombrables fois par la matière environnante. Son déplacement n’est pas rectiligne. Il ressemble davantage à une marche désordonnée durant laquelle chaque interaction modifie sa direction.
Plus près de la surface se trouve la zone convective. À cet endroit, l’énergie est principalement transportée par les mouvements du plasma. La matière chaude monte vers la surface, se refroidit, puis redescend. Ce fonctionnement rappelle l’eau qui circule dans une casserole chauffée, même si les températures, les pressions et les dimensions solaires dépassent largement celles de notre quotidien.
Ces mouvements finissent par atteindre la photosphère, la couche lumineuse que l’on considère généralement comme la surface visible du Soleil. Elle présente une texture composée de millions de petites cellules appelées granules. Chaque granule correspond à une remontée de plasma chaud entourée de matière légèrement plus froide qui redescend.
Au-dessus de la photosphère commence une atmosphère complexe. La chromosphère, particulièrement bien révélée par un télescope H-alpha, contient les filaments, les plages brillantes, les spicules et les protubérances. Encore plus loin s’étend la couronne, visible à l’œil nu principalement pendant une éclipse solaire totale.
L’observation H-alpha nous place donc à l’aboutissement d’un extraordinaire parcours énergétique. La lumière enregistrée par une caméra solaire ou reçue par l’œil à travers un instrument sécurisé raconte une histoire commencée très longtemps auparavant, profondément à l’intérieur du Soleil.
